[ L'amour fait naître la jalousie, mais la jalousie fait mourir l'amour. ] Christine de Suède

[ L'amour fait naître la jalousie, mais la jalousie fait mourir l'amour. ] Christine de Suède
Moi, jalouse ?

Oui. Non. Je ne sais pas. A vrai dire, je hais ce sentiment que je trouve pourtant beau et terriblement humain. Mais je me refuse à supporter la jalousie de l'Autre, tout comme lui infliger cela. Et je me refuse surtout à ressentir cela et à lui faire ressentir, volontairement.

Parce que la jalousie me brûle et m'aliène. Je deviens folle, et me perds dans des crises de larmes incontrôlables et incontrôlées. Je ne crois plus en moi, toute la confiance qui me caractérise s'échappe et est difficile à retrouver. Et je refuse de me perdre là-dedans. De perdre ce pourquoi je vis, ce à quoi je crois, ce qui me fait penser et aimer la vie.

"La jalousie est comme un acide qui attaque d'abord le coeur du jaloux lui-même pour atteindre ensuite celui qu'il jalouse."
Ostad Elahi

Je ne ferais pas de long article sur toutes les possibilités et déclinaisons de la jalousie, sur une certaine positivité qu'elle peut engendrer dans quelques situations, ni même sur la terrible souffrance et destruction qu'elle créee, car tout le monde est capable de le savoir, de les connaître, de les reconnaître.

Seulement, quand on aime, on ne joue pas avec la jalousie.

# Posté le mardi 22 janvier 2008 11:53

Modifié le jeudi 24 janvier 2008 13:07

[ L' écume des jours ]

[ L' écume des jours ]

" Ça m'est égal d'être laide ou belle. Il faut seulement que je plaise aux gens qui m'intéressent.
"



Boris Vian, L'herbe Rouge





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# Posté le samedi 19 janvier 2008 08:36

Modifié le mardi 22 juillet 2008 15:55

[ Il est plus facile de mourir que d'aimer.] L. Aragon

  [ Il est plus facile de mourir que d'aimer.] L. Aragon

" La première fois, au café, Bérénice parlait très posément, malgré cette peur qu'elle avait, qui était la peur naturelle de toutes les femmes devant le véritable amour. Elle disait bien qu'elle n'aimait pas, qu'elle ne croyait pas aimer Aurélien, mais tout dans son attitude le démentait. Sans quoi, de quoi donc avait-elle peur ? L'essentiel était qu'elle craignait de céder, de ne pouvoir échapper à ce destin, qu'en elle quelque chose appelait, quelque chose dont elle n'était pas maîtresse. Non pas qu'elle se fît du don d'elle-même une idée délirante. Si elle n'avait eu pour Aurélien qu'un simple penchant, un goût physique...peut-être...pourquoi pas ? Mais c'était trop grave. Voilà ce qu'il y avait. Il aurait fallu arrêter le déroulement de cet amour. Elle ne pouvait en même temps ni se résoudre à faire du mal à Aurélien ni se résoudre à l'épreuve d'un feu dont elle sentait déjà la brûlure. En même temps, elle était comme ivre de ce qu'il l'aimât. C'était une chaleur à laquelle elle ne pouvait renoncer. Elle tenait à cet amour. Elle y croyait. Elle y croyait d'une façon désespérée. Elle s'effrayait aussi qu'il pût mourir, cet amour d'Aurélien. Par exemple faute d'aliment. Elle croyait en lui, mais elle croyait aussi qu'il pouvait être de son pouvoir, à elle, de le décourager, de le détruire. Et cela vraiment, elle n'y pensait pas sans terreur, sans horreur. Une chose si rare, si précieuse, si grande. Comment refuser au sort un cadeau qu'il vous fait une fois, et que plus jamais il ne vous fera peut-être ? Elle était torturée à l'idée de perdre cet amour qu'elle affirmait ne pas partager. "


Aurélien, Louis Aragon, 1944, page 432

" Il y a une passion si dévorante qu'elle ne peut se décrire. Elle mange qui la contemple."

" Qui a le goût de l'absolu renonce par là au bonheur. "
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# Posté le samedi 29 décembre 2007 11:00

[ Heureux les amants que nous sommes, et qui demain, loin l'un de l'autre, s'aimeront par dessus des hommes. ]

 [ Heureux les amants que nous sommes, et qui demain, loin l'un de l'autre, s'aimeront par dessus des hommes. ]

[ CET AMOUR

Cet amour
Si violent
Si fragile
Si tendre
Si désespéré
Cet amour
Beau comme le jour
Et mauvais comme le temps
Quand le temps est mauvais
Cet amour si vrai
Cet amour si beau
Si heureux
Si joyeux
Et si dérisoire
Tremblant de peur comme un enfant dans le noir
Et si sûr de lui
Comme un homme tranquille au milieu de la nuit
Cet amour qui faisait peur aux autres
Qui les faisait parler
Qui les faisait blémir
Cet amour guetté
Parce que nous le guettions
Traqué blessé piétiné achevé nié oublié
Parce que nous l'avons traqué blessé piétiné achevé nié oublié
Cet amour tout entier
Si vivant encore
Et tout ensoleillé
C'est le tien
C'est le mien
Celui qui a été
Cette chose toujours nouvelle
Et qui n'a pas changé
Aussi vraie qu'une plante
Aussi tremblante qu'un oiseau
Aussi chaude aussi vivante que l'été
Nous pouvons tous les deux
Aller et revenir
Nous pouvons oublier
Et puis nous rendormir
Nous réveiller souffrir vieillir
Nous endormir encore
Rêver à la mort
Nous éveiller sourire et rire
Et rajeunir
Notre amour reste là
Têtu comme une bourrique
Vivant comme le désir
Cruel comme la mémoire
Bête comme les regrets
Tendre comme le souvenir
Froid comme le marbre
Beau comme le jour
Fragile comme un enfant
Il nous regarde en souriant
Et il nous parle sans rien dire
Et moi j'écoute en tremblant
Et je crie
Je crie pour toi
Je crie pour moi
Je te supplie
Pour toi pour moi et pour tous ceux qui s'aiment
Et qui se sont aimés
Oui je lui crie
Pour toi pour moi et pour tous les autres
Que je ne connais pas
Reste là
Là où tu es
Là où tu étais autrefois
Reste là
Ne bouge pas
Ne t'en va pas
Nous qui sommes aimés
Nous t'avons oublié
Toi ne nous oublie pas
Nous n'avions que toi sur la terre
Ne nous laisse pas devenir froids
Beaucoup plus loin toujours
Et n'importe où
Donne-nous signe de vie
Beaucoup plus tard au coin d'un bois
Dans la forêt de la mémoire
Surgis soudain
Tends-nous la main
Et sauve-nous.
]


Jacques Prévert

Photographie : Robert Doisneau, Le baiser de l'hôtel de ville.

# Posté le jeudi 27 décembre 2007 13:53

Modifié le lundi 28 juillet 2008 07:34

[ La vie est une cerise, la mort un noyau, l'amour un cerisier. ]

[ La vie est une cerise, la mort un noyau, l'amour un cerisier. ]

[ IMMENSE ET ROUGE

Immense et rouge
Au-dessu
s du Grand Palais
Le sole
il d'hiver apparaît
Et di
sparaît
Comme lui mon coe
ur va disparaître
Et tou
t mon sang va s'en aller
S'en aller à ta recherche
Mon amour
Ma beauté
Et
te trouver
Là où tu es.
]


Jacques Prévert

Il a bercé mon enfance, réchauffé mes nuits d'adolescente, il a les mots pour décrire ce que je ressens, il a ce trait de génie, ce trait d'humour incroyable...
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# Posté le jeudi 27 décembre 2007 13:40

Modifié le jeudi 27 décembre 2007 13:55